Le Nutri-Score est-il vraiment fiable ?

June 19, 2018

Quand on est M. ou Mme Tout le monde, difficile de décrypter la longue et souvent incompréhensible - mais obligatoire ! - liste des composants nutritionnels d’un aliment préemballé (valeur énergétique, graisses, acides gras trans, glucides, protéines, sel, additifs, etc).

Pour rendre plus lisible et compréhensible l’étiquetage nutritionnel, un logo peut désormais être apposé sur les emballages. Conçu dans le cadre du Programme National Nutrition Santé, le Nutri-Score fera ainsi progressivement son apparition dans les rayons.

 

L’objectif : améliorer l’information nutritionnelle figurant sur les produits et ainsi aider les consommateurs à acheter des aliments de meilleure qualité nutritionnelle.

 

 

A quoi ressemble le Nutri-Score ?

 

A un logo à 5 couleurs (feux coloriels) apposé sur la face avant des emballages qui grâce à une lettre et à une couleur, informe les consommateurs sur la qualité nutritionnelle d’un produit.

Cela va du produit le plus favorable sur le plan nutritionnel (classé A), au produit le moins favorable (classé E), avec une lettre plus grande pour mettre en évidence la catégorie à laquelle appartient l’aliment.

 

Pour donner cette "note" à un aliment, un score a été établi qui tient compte de sa teneur en nutriments et aliments à favoriser (fibres, protéines, fruits et légumes) et en nutriments à limiter (énergie, acides gras saturés, sucres, sel).

 

Toutefois, l'application du Nutri-Score est facultative : elle repose sur le volontariat des entreprises de l’agroalimentaire et des distributeurs.

 

 

Oui mais il y a un bémol...

 

Tout semblerait donc aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, sauf que des nutritionnistes de plus en plus nombreux considèrent que l’aliment ne peut être réduit à une somme de nutriments – teneur en calories, graisses saturées, sucre, sel…−, qui à eux seuls décideraient de son intérêt ou pas pour la santé. Cette approche en apparence rationnelle, a pourtant échoué partout où elle a été mise en œuvre, y compris après l’introduction du Programme national nutrition santé en 2000. Ainsi, entre 1999 et 2015, le nombre de diabétiques a presque doublé en France, passant de 1,8 à 3,3 millions. Force nous est de constater que les recommandations des pouvoirs publics sont basées sur une approche réductionniste de l’alimentation.

 

Or, comme le dit A.Fardet, ce qui compte c’est la structure des aliments.

Prenons l’exemple du sucre : sucrés ou moins sucrés, les aliments restent ultra-transformés et c’est cette ultra-transformation qui pose problème. Car plus un aliment est transformé (fractionné-recombiné), plus il est susceptible d’avoir un effet néfaste sur la santé. C’est en effet, cette ultra-transformation qui, étude après étude, est associée aux problèmes de santé. Soit l’industriel diminue la teneur en sucre ou remplace le sucre éliminé par un autre ingrédient mais le process de fabrication n’est pas modifié et cela ne change pratiquement pas l’influence néfaste de ces aliments sur la santé.

 

Prenons l’exemple des sacro saintes céréales du petit déjeuner avec 15, voire 30% de sucre en moins. Ces produits sont raffinés, cuits à la vapeur et selon le cas étuvés, écrasés, soufflés, extrudés. Dans tous les cas, et quelle que soit leur teneur en sucre, leur index glycémique est supérieur à 70, ce qui les classe dans la catégorie des IG élevés. Même avec des céréales complètes, ce sont des aliments peu rassasiants et pourtant ils peuvent obtenir au Nutri-Score une note A ou B qui va faussement rassurer le consommateur.

 

Il est possible malgré tout que le Nutri-Score conduise à des bénéfices en termes de santé publique, mais qui resteront marginaux.

 

 

La solution à tous nos maux de malades chroniques ?

 

 le plus possible la consommation de produits ultra transformés. Notre alimentation quotidienne doit comporter 85% de produits végétaux minimum et limiter les produits ultra-transformés à 15% des calories par jour pour un adulte. Il faut diversifier son alimentation et manger bio, local et de saison.Évitons

 

 

Que faire pour encourager les industriels à proposer des aliments peu transformés, avec moins d’additifs ?

 

Simple ! N’achetons plus ce qu’ils proposent : seuls les changements de consommation pourront contraindre les industriels à modifier la composition de leurs produits. Le pouvoir est dans le caddy !!!

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload

Posts à l'affiche

« Récré O’lé » : un aliment ultra-transformé, recommandé par le Nutriscore...

December 2, 2019

1/10
Please reload

Posts Récents

November 4, 2019

Please reload

Archives